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Hommage à Paco Charlery un adepte de la musique et un homme de coeur

Hommage à Paco Charlery un adepte de la musique et un homme de coeur 

Edité le : 23 août 2010
Auteur : Carole CRATER

Le SERMAC et la ville sont endeuillés par la disparition de Paco CHARLERY. La scène du restaurant "La Croisière" aussi. Les habitués avaient coutume de l'y croiser souvent, qu'il soit programmé ou simplement pour écouter jouer ses amis musiciens. Le SERMAC invite la population à une veillée culturelle ce lundi au parc culturel Aimé Césaire  à partir de 18 heures.

paco
Paco CHARLERY a  toujours eu un  rendez vous quelque part dans le monde avec la musique. Il lui a consacré sa vie à la musique et a marqué le monde du jazz en y pénétrant avec ses congas.

Percussionniste, conguiste, trompettiste, pianiste, mais aussi arrangeur ou compositeur, Paco CHARLERY avait l'âme musicien et une humilité extraordinaire, l'une des armes utilisées quotidiennement  pour la transmission de son savoir à l'atelier Percussions modernes du SERMAC notamment.

 Paco CHARLERY a collaboré à plusieurs albums et en a produit deux LESPWA en 1999 et en 2006 PITIT MWEN.

Le SERMAC invite la population à une veillée culturelle ce lundi au parc culturel Aimé Césaire  à partir de 18 heures.

Après une année de convalescence consécutive à un accident cardiovasculaire, Paco avec force passion a repris le chemin de la musique avec son humilité légendaire et a présenté son big band, fruit d'un travail monumental avec les stagiaires du SERMAC, gageons que l'œuvre se poursuivra.

Dans un communiqué le maire de la ville de Fort de France Raymond Saint Louis Augustin, rend hommage au talentueux percussionniste et trompettiste Paco Charlery, animateur-militant au SERMAC déclarant je cite « Nous garderons de lui le souvenir d’un homme engagé dans un constant désir de transmission, dont la gentillesse et la courtoisie étaient notoires, et présentons nos condoléances les plus attristées à toute sa famille . »


Le président du Conseil Régional Serge LETCHIMY salue en ces termes l'un des piliers de la musique martiniquaise

 

"La disparition de Paco Charlery est un électrochoc pour la musique martiniquaise. Un électrochoc de même intensité que ce vide qu’elle installe dans la musique contemporaine du monde.

Son positionnement musical était audacieux, mobile, inventif, et surtout inclassable. Trompettiste et percussionniste, il habitait l’âme du jazz sur les variations de ces deux énergies.

L’âme du jazz se déclinait en lui dans des nuances, synthèses et hautes transmutations (antillaises, cubaines, africaines, latinos…) qui lui ont permis d’accompagner les personnalités internationales les plus éminentes, tout comme de tenir sa place auprès de nos talents martiniquais, dans leur orientations modernes comme dans les profondeurs du Danmyé, du Belya ou bien du chouvalbwa… Il aura été aussi auprès d’eux dans les éclats de la poésie et les explorations scéniques de la parole et de la littérature.

Chercheur inlassable, créateur sans exclusive, enseignant passionné dans les ateliers du Sermac, il nous aura illustré l’éclat que confère une grande humilité aux puissances du talent. Son exemple nous confirme cette idée essentielle selon laquelle l’excellence dans un art ouvre toujours à la diversité des explorations esthétiques, mais aussi et surtout à la vision toujours juste d’un monde en devenir.

Au nom des élus du Conseil Régional, en mon nom propre, et en témoin de la tristesse du peuple martiniquais, j’adresse mes affectueuses et reconnaissantes condoléances à sa famille, et à tous ses frères de la musique et des arts vivants."

Serge LETCHIMY.
Président du Conseil Régional.

Marius GOTTIN ancien du SERMAC témoigne avec des mots pétris de tendresse tout le respect qu'inspirait Paco CHARLERY

  Muted
    
    
    "Et il est tombé par terre...
    - de tout son long?
    - de tout son long..."
    Quelque part dans la nuit lourde de ce samedi, un bugle a commencé à jouer un air doucement mélancolique; deux véhicules se sont heurtés à hauteur de la sortie de la Trompeuse sur l'autoroute sans trop de dégâts heureusement; une jeune femme a alors dégrafé son soutien gorge pour donner à boire à son bébé...
    Et la batterie a éclaté de rire pour entrer dans le swing qui commençait sur les portées, au milieu des doubles croches et des dièses, cymbales, toms, grosse caisse et la musique s'est vite envolée pour se poser quelque part entre Uzeste, Paris, Kingstown et la scène du Grand Carbet.
    Se poser et repartir...
    Il a alors souri de ce sourire tranquille et serein qu'il avait su garder malgré..., malgré, "ce sont des choses de la vie": la maladie, l'empâtement de l'âge, les délicieuses galères de sa vie, de ses vies, de musicien, pédagogue, compositeur, auditeur attentif aux sons, toujours ouvert, si peu râleur, si peu amer, peut être parce qu'il avait eu le bonheur de musiques partagées, échangées, données, le bonheur de la dernière paternité aussi.
    Le piano disait son amour de la musique et tout cela lorsque ses doigts en caressait l'ivoire des touches et c'était la même mélodie des congas dans leur polyrythmies frénétiques, la même musique rigoureuse de sa trompette qu'on ne passait pas si tellement dans des radios si tellement incolores.
    
    Au dessus d'un groupe de bâtiments à Chateauboeuf ce vendredi soir, la lune n'était pas tout à fait pleine...
    Paco est tombé de tout son long et a gardé les yeux fermés.

Marius GOTTIN



 
 
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