Hommage à Paco Charlery un adepte de la musique et un homme de coeurEdité le : 23 août 2010
Auteur : Carole CRATER
|
| "La disparition de Paco Charlery est un électrochoc pour la musique martiniquaise. Un électrochoc de même intensité que ce vide qu’elle installe dans la musique contemporaine du monde. Son positionnement musical était audacieux, mobile, inventif, et surtout inclassable. Trompettiste et percussionniste, il habitait l’âme du jazz sur les variations de ces deux énergies. L’âme du jazz se déclinait en lui dans des nuances, synthèses et hautes transmutations (antillaises, cubaines, africaines, latinos…) qui lui ont permis d’accompagner les personnalités internationales les plus éminentes, tout comme de tenir sa place auprès de nos talents martiniquais, dans leur orientations modernes comme dans les profondeurs du Danmyé, du Belya ou bien du chouvalbwa… Il aura été aussi auprès d’eux dans les éclats de la poésie et les explorations scéniques de la parole et de la littérature. Chercheur inlassable, créateur sans exclusive, enseignant passionné dans les ateliers du Sermac, il nous aura illustré l’éclat que confère une grande humilité aux puissances du talent. Son exemple nous confirme cette idée essentielle selon laquelle l’excellence dans un art ouvre toujours à la diversité des explorations esthétiques, mais aussi et surtout à la vision toujours juste d’un monde en devenir. Au nom des élus du Conseil Régional, en mon nom propre, et en témoin de la tristesse du peuple martiniquais, j’adresse mes affectueuses et reconnaissantes condoléances à sa famille, et à tous ses frères de la musique et des arts vivants." Président du Conseil Régional. |
| Muted "Et il est tombé par terre... - de tout son long? - de tout son long..." Quelque part dans la nuit lourde de ce samedi, un bugle a commencé à jouer un air doucement mélancolique; deux véhicules se sont heurtés à hauteur de la sortie de la Trompeuse sur l'autoroute sans trop de dégâts heureusement; une jeune femme a alors dégrafé son soutien gorge pour donner à boire à son bébé... Et la batterie a éclaté de rire pour entrer dans le swing qui commençait sur les portées, au milieu des doubles croches et des dièses, cymbales, toms, grosse caisse et la musique s'est vite envolée pour se poser quelque part entre Uzeste, Paris, Kingstown et la scène du Grand Carbet. Se poser et repartir... Il a alors souri de ce sourire tranquille et serein qu'il avait su garder malgré..., malgré, "ce sont des choses de la vie": la maladie, l'empâtement de l'âge, les délicieuses galères de sa vie, de ses vies, de musicien, pédagogue, compositeur, auditeur attentif aux sons, toujours ouvert, si peu râleur, si peu amer, peut être parce qu'il avait eu le bonheur de musiques partagées, échangées, données, le bonheur de la dernière paternité aussi. Le piano disait son amour de la musique et tout cela lorsque ses doigts en caressait l'ivoire des touches et c'était la même mélodie des congas dans leur polyrythmies frénétiques, la même musique rigoureuse de sa trompette qu'on ne passait pas si tellement dans des radios si tellement incolores. Au dessus d'un groupe de bâtiments à Chateauboeuf ce vendredi soir, la lune n'était pas tout à fait pleine... Paco est tombé de tout son long et a gardé les yeux fermés. Marius GOTTIN |
|
Auteur : Carole CRATER | Date : 24 août 2010
Tous les musiciens martiniquais, les élus foyalais entourant le maire Raymond Saint Louis Augustin, le président du Conseil Régional Serge Letchimy, les salariés du SERMAC et de la ville, les membres de la presse tous sont venus au Grand Carbet du Parc Aimé Césaire rendre un dernier et vibrant hommage à Paco CHARLERY. |
Auteur : Carole CRATER | Date : 21 juin 2010
La fête de la famille avait un parfum particulier ce samedi 19 juin au centre culturel de Trénelle. Il est vrai que l'invitée d'honneur rayonnait du haut de ses 103 ans. |